armée et gamification

La Gamification, quand divertir rime avec recruter

Vous avez pu lire sur ce blog de nombreux tests de jeux publicitaires, dont certains créés pour des armées, comme la Marine française ou l’armée suédoise. Nous nous pencherons cette semaine sur les raisons qui poussent les différents ministères à employer la gamification pour communiquer.

L’intérêt pour les armées est ici double : informer sur les missions, les objectifs, les valeurs mais également attirer de potentiels volontaires. C’est l’U.S Army qui la première a employé le jeu afin de recruter des volontaires. Le jeu plaçait le joueur à la place d’un militaire, il effectuait alors une série de missions, ce qui constitue une manière de présenter l’Armée de manière moins coûteuse que lors d’événements nécessitant des équipements et du personnel. Seul petit bémol à ce jeu, l’inscription est obligatoire, et toutes les informations enregistrées sont stockées par l’Armée américaine.

La gamification utilisée par différentes armées – suédoise, française et israélienne –

En 2008, c’est l’armée suédoise qui fait sa promotion à travers un jeu dans lequel le joueur teste ses aptitudes dans des épreuves qui détermineront s’il peut être militaire ou non. Avec  Team Försvarsmakten, un jeu proposant au joueur de se tester en le plongeant en immersion dans l’atmosphère du recrutement, on trouve un moyen très efficace d’attirer l’attention d’une cible bien plus large que celle du volontaire potentiel.

 

En 2010 c’est au tour de la Marine française de s’engager dans la voie du jeu publicitaire. Avec 8 mini jeux, la Marine nous permet de découvrir ce qu’est le métier de militaire à travers différentes missions. Le recrutement se fait ici de manière similaire au modèle de l’U.S Army, en mettant en avant les valeurs partagées par les militaires. Deux éléments sont à noter au sujet de ce jeu, tout d’abord il cible particulièrement les jeunes avec une sorte de promesse pour l’avenir, impliquant le joueur dès la première visite du site dans le statut de militaire. Dans un second temps, ce jeu est intégré dans une campagne de recrutement menée par le Ministère de la Défense pour tous les corps d’armée, la campagne étant renforcée par la présence de l’armée française dans de nombreux jeux vidéos en plus de ce jeu dédié, ce qui constitue une première en France.

 

Enfin, il y a quelques mois, c’est l’armée israélienne qui s’est plongée dans la gamification, à travers un jeu en ligne IDF Ranks, qui ne plonge pas le joueur dans le rôle d’un militaire sur le terrain, mais plutôt comme un membre des services de renseignements.

 

Le joueur doit récupérer et diffuser des contenus et des informations sur les réseaux sociaux afin de les relayer, chaque information relayée par d’autres joueurs ou internautes permettent au soldat virtuel de gagner des points et donc de monter en grade.

L’immersion est ici plus grande, bien que moins flagrante puisque le joueur « agit » comme un militaire plus qu’il n’est un joueur qui joue au militaire. Le jeu fournit des informations réelles sur les conflits dans lesquels sont engagés l’armée israélienne, donc est fortement orienté. Cet aspect apporte un réalisme certain, mais limite le nombre de joueurs, puisque précisément il ne se place pas comme un jeu, mais comme un relais entre l’armée et les civils ou futurs engagés.

Ce jeu apporte toutefois une réelle nouveauté dans le domaine, il intègre l’aspect social du joueur en relayant des contenus sur les réseaux sociaux et permettant à ce dernier d’accomplir ses missions par leur biais.

Nous voyons donc que les entreprises ne sont plus les seules à exploiter le processus de gamification pour séduire. Bien qu’ils répondent à des besoins différents, que les degrés de réalisme soient inégaux, de manière à s’adapter aux cibles, les jeux se présentent comme une alternative moins coûteuse à d’autres méthodes de recrutement.

De plus, l’intégration de l’aspect social du jeu est en voie de développement, à la manière des jeux publicitaires qui voient leurs produits proposés par les joueurs à leurs amis sous forme de défi,

les futures recrues de l’armée seront donc demain des “amis” sur Facebook ou Foursquare avant même d’avoir vécu dans une caserne ?