3 girls 2 cans est un advergame publié par Lynx, le nom d’Axe en Australie : le joueur parcourt une plage et séduit les passantes à coups de déodorant, pour un maximum de points en un temps limité. Court et potache, il illustre bien la communication de la marque de l’époque, avec ses forces et ses limites.
- Titre : 3 girls 2 cans
- Adresse : http://www.lynxeffect.com.au/threegirlstwocans/index.html
- Développeur : Amnesia
- Annonceurs : Lynx : https://www.lynxexpression.com/
- Année de publication : 2007
- Jeux concours : non
- Collecte d’informations : non
Pour les joueurs
Fidèle à sa réputation, Axe (ou Lynx pour nos amis étrangers) ne fait pas dans le romantisme avec cet advergame. Le concept du jeu est assez intéressant, voire carrément addictif, car totalement dépourvu de morale (les amoureux de GTA pourraient vous en parler des heures). On incarne ici un jeune homme qui a pour but de draguer tout ce qui bouge, armé de son déodorant qui le rend totalement irrésistible. Sur une plage très fréquentée, il faudra séduire toutes les sublimes créatures aux alentours, mais attention, les lieux n’ont pas été sécurisés et il faudra éviter les accès d’affection de mamie et de son déambulateur… Eh oui, il ne passe pas sur la plage que des jolies femmes en bikini : il y a d’autres surprises et, si vous ratez votre coup, vous pourrez créer des monstres (on ne vous en dit pas plus)…
De plus, chaque erreur coûte des secondes précieuses qui raccourcissent encore une durée de vie déjà bien trop courte. On aurait apprécié un ou deux défis supplémentaires en plus d’accumuler le plus de points possible (débloquer des niveaux, éviter des concurrents, etc.). Mais surtout, on ne comprend pas que l’on ne puisse pas enregistrer ses scores en ligne… Si le site semble conserver notre score, impossible de rentrer un pseudo pour frimer devant ses collègues à la pause de midi : pas très sympa… Malgré tout cela, cette petite balade sur la plage reste un bon moyen de se détendre et de rigoler un peu au bureau.
- Graphismes : 3/5
- Jouabilité : 3/5
- Durée de vie : 2/5
- Fun : 5/5
Pour les marketeurs
Cet advergame pour Lynx Australie s’intègre à la fameuse campagne de buzz “Bom Chick Wah Wah“ destinée à consolider une place de leader du marché du déodorant. On retrouve sur le site les mêmes ingrédients (jeunes filles peu farouches et humour gentiment potache) qui font le succès de la marque, comme en attestent les deux Lions d’or remportés à Cannes dans la catégorie de la publicité internationale en quatre ans. Néanmoins, on peut tout de même se poser certaines questions sur cette stratégie de communication. Ce sont en effet les mêmes leviers que l’on retrouve dans chaque campagne de la marque du groupe Unilever depuis un certain temps maintenant… Et si la marque reste fidèle à son positionnement (la séduction), n’oublions pas qu’elle avait su se réinventer avec succès à l’orée des 90’s et passer de l’image du séducteur exceptionnel qui utilise Axe (ambiance Caron, Musc et compagnie) à un jeune homme commun qui devient tout à coup un séducteur incroyable (ambiance teen movie, American Pie en tête), tout cela bien évidemment grâce à Axe. Le meilleur exemple reste la très fameuse campagne “Click” qui mettait en scène Ben Affleck. Du coup, on aimerait voir un peu de nouveauté de la part d’une marque qui nous a si bien habitués. Toujours est-il qu’au-delà de ces interrogations perfectionnistes, Axe reste un maître incontesté du buzz marketing, en témoigne le titre de cet advergame, 3 Girls 2 cans, clin d’œil à une vidéo virale qui faisait alors ravage sur la toile : 2 girls 1 cup !
- Puissance : 3/5
- Affinité : 4/5
- Temps d’exposition : 3/5
- Image de marque : 4/5
Un humour de marque qui a mal vieilli
Relu aujourd’hui, ce jeu témoigne surtout d’une époque. Les jeux de navigateur de cette génération reposaient le plus souvent sur Flash, technologie dont Adobe a depuis arrêté le support : ce type de mini-jeu se retrouve difficilement en état de marche. Le ton aussi a changé : les clichés de la drague à la plage passent beaucoup moins bien auprès du public, et la marque elle-même a fait évoluer son discours vers une vision plus variée de la séduction masculine. Pour un annonceur, la leçon reste utile : un advergame très ancré dans l’humour d’un moment vieillit au même rythme que la campagne qui l’accompagne.
À vous de jouer : pensez-vous que les bikinis d’Axe seront éternellement la clé de leur succès ?



